"Ni contrôlées ni maîtrisées"
"A mon avis, les coûts viennent pour l'essentiel de dépenses qui ne sont ni contrôlées ni maîtrisées", a jugé M. Bolloré, entendu par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public.
Le milliardaire conservateur est l'actionnaire de référence du groupe Canal+, dont fait partie la chaîne CNews. Mais c'est au titre d'actionnaire du groupe de production Banijay (via la société Vivendi) qu'il a été entendu par la commission.
"4 milliards, c'est beaucoup à un moment où la France est quand même en difficulté"
Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, lui a demandé son avis sur l'audiovisuel public, fréquemment accusé par CNews de pencher à gauche.
"Je pense qu'on n'a rien à reprocher au service public, ni le glorifier. Le problème, c'est les 4 milliards de pertes, les 4 milliards de coûts", a répondu M. Bolloré, en référence au budget global du secteur, France Télévisions et Radio France en tête.
"4 milliards, c'est beaucoup à un moment où la France est quand même en difficulté", a-t-il poursuivi. Relancé sur l'emploi du terme "pertes" pour désigner un budget, il a répondu: "Pertes", c'est ce que ça "coûte à l'Etat".
"Le problème, c'est pas le service public, c'est l'argent de la France pour le service public", a-t-il argumenté, en lançant: ni contrôlées ni maîtrisées",.
"C'est peut-être la faute de l'Etat aussi"
"Je ne vois pas pourquoi TF1 gagnerait de l'argent, M6 gagnerait de l'argent et le service public ne gagnerait pas d'argent" alors que tous font "la même chose", a estimé M. Bolloré.
"C'est un problème de gestion", a-t-il dit en référence notamment à la patronne de France Télévisions Delphine Ernotte Cunci. "C'est peut-être la faute de l'Etat aussi", a-t-il ajouté.
Sur la question de la réduction des coûts, le milliardaire de 73 ans a fait un parallèle entre l'audiovisuel public et la situation de Canal+ à son arrivée en 2014: "on n'avait pas le droit d'y toucher", a-t-il affirmé en décrivant "une petite caste qui faisait la fête", entre Festival de Cannes et matches de foot.
"Ca perdait 400 millions ou 500 millions. N'ayant pas les poches profondes de l'Etat, c'était mon devoir fiduciaire de corriger cette affaire", a assuré M. Bolloré.






