S'exprimant devant la communauté d'affaires chinoise et britannique à la Bank of China, M. Starmer a de nouveau vanté ses entretiens "très chaleureux, très bons" avec le président Xi Jinping la veille, qui ont permis de "faire de vrais progrès".
"C'est comme ça que nous construisons la confiance mutuelle", a-t-il insisté.
Comme la récente visite du Premier ministre canadien Mark Carney, ce rapprochement entre Londres et Pékin hérisse Donald Trump, dans le contexte de rivalité croissante entre les deux premières puissances mondiales.
"C'est très dangereux pour eux de faire ça", a lâché le président américain lors d'un échange avec la presse avant une avant-première à Washington d'un documentaire consacré à son épouse Melania Trump.
"La Chine est prête à renforcer la coopération avec tous les pays, dans un esprit de bénéfice mutuel et de résultats gagnant-gagnant", a répondu lors d'un point presse régulier Guo Jiakun, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Concrètement, Keir Starmer, qui est arrivé à la mi-journée à Shanghai avant de s'envoler pour le Japon samedi, ne devrait pas repartir de Chine avec une moisson de contrats ou des annonces fracassantes.
Il a obtenu quelques gestes de Pékin, comme une baisse bienvenue des droits de douane sur les exportations de whisky ou un accord de coopération en matière de lutte contre l'immigration, dont la portée reste à démontrer.
"Bénéfique"
Downing Street a également indiqué que Pékin allait accorder au Royaume-Uni une exemption de visas pour les Britanniques effectuant des séjours de moins de 30 jours en Chine. Mais le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a affirmé vendredi que la Chine "examine activement" une telle exemption et la "rendra publique en temps voulu, une fois les procédures nécessaires accomplies".
"C'est symbolique de ce que nous faisons avec cette relation", a néanmoins défendu Keir Starmer à la Bank of China.
Au total, une dizaine d'accords de coopération - aux contours encore flous - ont été signés, dans la santé ou encore les services.
En parallèle, le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a annoncé son intention d'investir 15 milliards de dollars d'ici 2030 en Chine, tandis que le fournisseur d'énergie Octopus Energy va créer une co-entreprise avec un partenaire chinois pour opérer sur le marché chinois.
Mais l'essentiel n'était pas là pour le dirigeant britannique, qui a besoin de trouver des moteurs pour soutenir l'économie britannique, pénalisée par les conséquences du Brexit et les tensions commerciales internationales croissantes.
Après des années d'une relation tendue sous ses prédécesseurs conservateurs, sur fonds de durcissement de la politique chinoise à Hong Kong et d'accusations réciproques d'espionnage, Keir Starmer s'évertue depuis son arrivée au pouvoir en 2024 à relancer les relations avec Pékin, troisième partenaire commercial de Londres.
Et cela passait par cette visite en Chine, selon Downing Street qui a également ouvert la voie à une visite de Xi Jinping au Royaume-Uni à l'avenir. Interrogé par des journalistes, son porte-parole n'a pas fermé la porte, affirmant qu'"une réinitialisation des relations avec la Chine (...) est bénéfique pour la population et les entreprises britanniques".
Le cas Jimmy Lai
Une telle perspective hérisse l'opposition conservatrice au Royaume-Uni, qui juge déjà le dirigeant travailliste trop conciliant avec Pékin.
"Nous ne devrions pas dérouler le tapis rouge pour un Etat qui mène des opérations d'espionnage quotidiennement dans notre pays, bafoue les règles commerciales internationales et soutient (le président russe Vladimir) Poutine dans sa guerre injustifiée en Ukraine", a fustigé la cheffe du Parti conservateur, Kemi Badenoch.
Des députés ont également écrit à Keir Starmer pour s'inquiéter du peu d'avancées obtenues sur le cas de l'ex-magnat des médias hongkongais et détenteur d'un passeport britannique Jimmy Lai, récemment condamné pour sédition et collusion avec l'étranger, qui risque une lourde peine d'emprisonnement.
Le Premier ministre a affirmé jeudi avoir eu une "discussion respectueuse" avec Xi Jinping sur le cas du militant prodémocratie et la situation de la communauté des Ouïghours.








