Starmer ne "cédera pas" aux menaces de Trump pour engager le Royaume-Uni au Moyen-Orient

Reuters
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a affirmé mercredi qu'il ne "céderait pas" aux pressions américaines pour entraîner le Royaume-Uni dans la guerre contre l'Iran, malgré les menaces de Donald Trump de remettre en cause l'accord commercial entre les deux pays.
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"Nous n'allons pas nous laisser entraîner dans cette guerre."

"Nous n'allons pas nous laisser entraîner dans cette guerre. Ce n'est pas notre guerre et de fortes pressions ont été exercées sur moi pour que je prenne une autre voie", a déclaré Keir Starmer, interrogé au Parlement sur la menace américaine.

"Je ne vais pas changer d'avis. Je ne céderai pas"

"Je ne vais pas changer d'avis. Je ne céderai pas", a-t-il insisté.

Dans un entretien à Sky News mercredi, Donald Trump a menacé de revenir sur l'accord commercial conclu l'an passé avec le Royaume-Uni pour limiter l'impact des droits de douane américains, regrettant le manque de soutien britannique depuis le début de la guerre.

"Nous leur avons accordé un bon accord commercial, meilleur que ce que j'étais obligé de faire, et cela peut toujours être changé", a-t-il déclaré.

Si Donald Trump avait loué à l'époque ses bonnes relations avec Keir Starmer, les liens transatlantiques se sont depuis détériorés, en particulier avec la guerre, le Britannique ayant notamment refusé d'autoriser l'utilisation de bases britanniques lors des premières frappes américaines.

Il a ensuite accepté une demande américaine pour utiliser deux bases militaires britanniques, mais à des fins "défensives spécifiques et limitées".

"Quand nous leur avons demandé de l'aide, ils n'étaient pas là, quand nous avions besoin d'eux, ils n'étaient pas là (...). Et ils ne sont toujours pas là", a déclaré Donald Trump à Sky News.

L'accord conclu l'an passé a permis de plafonner à 10% les droits de douane américains sur la plupart des produits manufacturés britanniques, le niveau le plus bas accordés à un pays tiers.

Cet avantage s'est cependant estompé depuis que la Cour suprême a invalidé une partie des surtaxes américaines, poussant Washington à instaurer un droit de douane temporaire de 10% sur la quasi-totalité de ses importations - en attendant un nouveau régime douanier d'ici juillet.

Le gouvernement britannique, qui s'est longtemps efforcé de ménager Donald Trump, a récemment durci sa rhétorique à l'égard de son allié historique.

La ministre des Finances Rachel Reeves - qui doit rencontrer le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent mercredi à Washington a dénoncé mardi la "folie" américaine de s'engager dans une guerre "sans plan de sortie clair".

"incendiaire, provocateur et scandaleux"

Keir Starmer a lui affirmé lundi que Donald Trump avait eu tort de menacer de détruire la civilisation en Iran, tandis que son ministre de la Santé a critiqué dimanche un langage "incendiaire, provocateur et scandaleux".

Le président américain a par ailleurs assuré à Sky News que ces tensions n'auraient "absolument aucun" effet négatif sur la visite d'État du roi Charles III aux États-Unis plus tard ce mois-ci.

Keir Starmer a lui souligné que les liens entre les deux pays étaient "bien plus forts" que "les responsables appelés, à un moment ou à un autre, à exercer telle ou telle fonction".

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