"Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées. En notre nom à tous, j'adresse nos pensées à sa famille et à ses proches endeuillés", a déclaré la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance).
"La première des évidences dans une démocratie, c'est le refus de la violence physique. Il revient à chacun de nous d'être les garants de la dignité du débat public et d'appeler au calme, dans l'intérêt de notre Nation. Assumons collectivement cette responsabilité dans les mois qui viennent", a ajouté la présidente de la chambre basse.
Les députés, unanimes, ont ensuite rendu hommage au jeune homme en observant le silence debout dans l'hémicycle, juste avant la traditionnelle séance des Questions au gouvernement.
Un hommage à Quentin Deranque sera également rendu au Sénat mercredi à 15H00, avant ces mêmes Questions au gouvernement, selon les services de la chambre haute.
La minute de silence à l'Assemblée avait été actée le matin par la conférence des présidents de l'Assemblée et "personne ne s'y est opposé", selon plusieurs sources parlementaires.
Eric Ciotti, patron du groupe UDR (Union des droites pour la République), allié au RN, a expliqué en avoir fait la demande lui-même.
Mathilde Panot, cheffe du groupe LFI, a déclaré en conférence de presse avoir soutenu l'initiative.
"Nous l'avons soutenue tout en redisant, et j'espère que la présidente de l'Assemblée nationale suivra cela, que nous souhaitons que cette minute de silence soit un hommage digne (...) et que ce ne soit pas le lieu d'instrumentalisation qui serait, je crois, extrêmement dommageable pour notre Assemblée", a-t-elle poursuivi.
Elle a toutefois pointé une "flambée de violences de l'extrême droite" et souligné qu'il n'y avait pas eu de minute de silence après la mort de l'ancien international de rugby argentin Federico Martin Aramburu, assassiné à Paris le 19 mars 2022.
Les responsabilités du décès de Quentin Deranque restent floues. Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant était, selon le collectif identitaire Némésis, chargé d'assurer la sécurité de plusieurs de ses militantes venues manifester contre la conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
Némésis a affirmé que Quentin avait été agressé par des militants antifascistes dont certains issus de la Jeune Garde, une organisation fondée en 2018 par Raphaël Arnault, aujourd'hui député de La France insoumise.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé lundi la "responsabilité morale" de La France insoumise dans un "climat de violence" dans le débat politique.
Le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a affirmé mardi qu'il n'y avait "aucun lien" entre son mouvement et la mort de Quentin Deranque, rejetant des accusations "mensongères".








