Visions Sociales : une certaine idée du cinéma

Crédit photo : © Visions Sociales
Du 16 au 23 mai 2026, Cannes et Mandelieu-La-Napoule accueillent la 24e édition du Festival de cinéma Visions Sociales. Soutenu par la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS), l'événement propose une sélection éclectique, portée par une vision profondément humaine du 7e art.
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À deux pas de la Croisette, au Château des Mineurs de La Napoule, un festival pas tout à fait comme les autres existe depuis plus de vingt ans. Pour le comprendre, retour en 1946. Nous sommes un an après la Libération, la Sécurité sociale est née, et des nationalisations ont lieu dans tout le pays (notamment dans l’électricité et le gaz). C’est dans ce contexte que les Activités Sociales de l’énergie voient le jour. Leur priorité : permettre aux salariés des industries électriques et gazières d’accéder aux vacances, à la culture et aux loisirs.
Huit décennies plus tard, leur ambition de démocratisation culturelle continue de vivre à travers des opérations comme le festival Visions Sociales, créé il y a plus de 20 ans. Un instant dédié au 7e art indépendént, ouvert à tous et qui "questionne l'ordre social et l'état du monde" selon ses fondateurs.

Une programmation éclectique

Comédies, drames, documentaires, films d’animation : la sélection de cette édition couvre un large spectre, avec une trentaine d'œuvres projetées au Château des Mineurs. Parmi elles, L'Épreuve du Feu d'Aurélien Peyre, Io e il Secco de Gianluca Santoni, #Tous cheminots de Balkan Tekelioglu, Arco d'Ugo Bienvenu ou encore L'Acier a coulé dans nos veines de Thierry Michel.

Cette édition est parrainée par les cinéastes Çağla Zencirci et Guillaume Giovanetti, auteurs de films engagés et tournés vers le monde : Noor (2012), Ningen (2013), Sibel (2018) et Confidente (2025). Dans un entretien accordé au Festival, ils saluent une "initiative fondamentale" pour la culture et rappellent qu'il est "nécessaire de faire des choses autour des échanges, de la solidarité, avec un axe culturel fort".

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Crédit photo : © Visions Sociales

Le public invité à participer

Au-delà des projections, le Festival mise sur la rencontre et le débat. Le public pourra par exemple découvrir le métier de monteur aux côtés d'un professionnel du cinéma documentaire, et assister, avant la projection de La Maison des femmes (le 22 mai à 16h), à une intervention du Planning Familial 06 et du CIDFF 06 sur leurs missions. Le tout, bien sûr, en accès libre.

Cette année, le Festival rend également hommage à Fatma Hassona, photojournaliste née en 2000 à Gaza et décédée en 2025, ciblée par une frappe de l'armée israélienne. À travers une exposition de ses images, bâtiments détruits, scènes de vie sous les bombes, accompagnées de ses propres mots, le Festival célèbre la mémoire d'une femme "qui a choisi, jusqu'au bout, de documenter plutôt que de fuir".

C'est au fond ce que résume Valérie Grenier, membre de la commission Action culturelle de la CCAS et porte-parole du Festival : Visions Sociales, c'est la promesse de "faire vivre une culture ouverte, accessible et en prise avec les réalités contemporaines".

Le Festival Visions Sociales se tient jusqu'au 23 mai à Cannes / Mandelieu-La-Napoule. Toute la programmation est disponible sur le site de l'événement.

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