La plainte pour "diffamation publique envers un particulier", avec constitution de partie civile, consultée par l'AFP, incrimine un message posté sur X le 24 février par Sarah El Haïry.
Au-dessus d'un article de presse et d'un visuel de l'intégrale "Corps à coeur" de Jessie Auryann, on y lit: "On ne peut pas tout écrire au nom de la dark romance. Certains extraits relèvent de l'apologie de la pédophilie et pédocriminalité".
Loin "de la présentation hâtive et tronquée faite de l'oeuvre dans les médias", le second tome de "Corps à coeur" "dénonce expressément la pédophilie", expose la plainte adressée au doyen des juges d'instruction du tribunal judiciaire de Paris.
Romain Ruiz, avocat de Jessie Auryann, estime auprès de l'AFP que cette plainte "va permettre à madame El Haïry d'ouvrir un livre qu'elle n'a clairement pas lu". "Nous devons lutter le code à la main contre les déclarations irresponsables qui livrent des auteurs à la potence publique en moins de temps qu'il faut pour écrire un tweet", poursuit ce conseil.
"Ligne rouge éthique"
L'autrice de "Corps à coeur" a déjà porté plainte distinctement, fin février, après avoir subi un "déferlement de haine" depuis que son ouvrage de dark romance a été accusé de faire l'éloge de la pédophilie et retiré de la vente par Amazon.
"Aux antipodes d'une mise en valeur du crime, l'ouvrage de madame Auryann est le fruit d'un travail de plusieurs mois sur les ressorts de la pédocriminalité, qu'il dénonce explicitement", insistait déjà à ce moment-là Me Ruiz.
A l'inverse, une pétition lancée sur Change.org estime que le livre "franchit une ligne rouge éthique et légale qui nécessite une intervention immédiate".
Les deux tomes de "Corps à coeur" entrent dans la catégorie de la "dark romance" ("sombre romance"), sous-genre littéraire apparu dans les années 2010 qui a connu un succès croissant. Ces romans mettent en scène des relations impossibles qui peuvent être basées sur des violences sexuelles ou psychologiques.








