Mort de Quentin Deranque : l'exécutif a saisi la justice d'une possible "reconstitution" de la Jeune Garde

Reuters
La Jeune Garde, dissoute en juin 2025, pourrait s'être reconstituée. Le gouvernement a donc saisi la justice à ce sujet, alors que plusieurs suspects mis en examen dans la mort de Quentin Deranque appartenaient au groupe antifasciste.
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Le gouvernement a saisi la justice au sujet d'une possible "reconstitution" du groupe antifasciste la Jeune Garde, officiellement dissous, à la suite de l'agression mortelle du militant d'extrême droite radicale Quentin Deranque à Lyon, a annoncé mardi un participant à une réunion à l'Elysée.

Le parquet de Paris a été saisi "il y a deux jours" d'un "dossier de reconstitution de ligue dissoute de la Jeune Garde", a dit ce participant à des journalistes à l'issue de cette réunion autour d'Emmanuel Macron.

Quentin Deranque, 23 ans, est mort il y a dix jours à la suite de violents coups portés par des membres de l'ultragauche. Plusieurs suspects mis en examen appartenaient à la Jeune Garde antifasciste, groupe fondé en 2018 à Lyon par Raphaël Arnault, aujourd'hui député de La France insoumise, et dissous en juin 2025.

Avant ce décès, les services de renseignement surveillaient déjà des "velléités de reconstitution" de groupuscules liés au mouvement dissous "sur cinq territoires au moins", a expliqué ce responsable. "Les faits gravissimes de Lyon nous laissent à penser que maintenant le dossier est suffisamment étayé", a-t-il ajouté.

En outre, le chef de l'Etat a demandé au ministère de l'Intérieur, pendant cette réunion, de lancer des procédures de dissolution contre ces cinq "émanations" locales identifiées de la Jeune Garde, a ajouté ce participant, refusant de préciser sur quels territoires elles opèrent.

Sans lien avec le décès du militant, des procédures de dissolution étaient déjà engagées contre trois structures "d'ultra-droite" et une "d'ultra-gauche", qui devraient aboutir "dans les deux mois qui viennent", selon cette source. 

Depuis l'élection d'Emmanuel Macron à l'Elysée en 2017, 24 groupes de la "mouvance ultra" ont été dissous, selon le gouvernement, qui assure ne pas privilégier "un camp par rapport à un autre".

Le président de la République a par ailleurs exprimé sa "préoccupation" au sujet de possibles violences émaillant la campagne pour les élections municipales de mars, et a demandé à l'exécutif à veiller à ce qu'elle "se déroule sereinement".

Selon cette source, depuis le décès du jeune militant, "22 permanences parlementaires de LFI ont été dégradées".

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, celui de la Justice Gérald Darmanin, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon ainsi que des représentants de Matignon et des services de renseignement ont participé à la réunion autour d'Emmanuel Macron.

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