Ce que contient le budget du gouvernement

Crédit : Antoine Gyori/Corbis via Getty Images
Le gouvernement a engagé vendredi sa responsabilité sur la partie dépenses du budget 2026 de l'État, après une même procédure pour le volet recettes en début de semaine. Voici les grands axes retenus.
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Déficit à 5% en 2026

Le budget du gouvernement prévoit un déficit public à 5% en 2026, ce qui correspond à "la trajectoire de retour sous les 3% à l'horizon 2029". 

"Le déficit s'améliorera de 0,4 point de PIB par rapport à 2025", dont environ 0,2 point en dépenses (la dépense publique baisserait donc de 56,8% à 56,6% du PIB) et environ 0,3 point en recettes (avec un taux de prélèvement obligatoire qui passerait de 43,6% à 43,9%).

Le déficit est chiffré pour l'État à 131,9 milliards d'euros, quasi stable par rapport à 2025, et réduit de plus de 30 milliards d'euros par rapport à 2024. 

Moins de dépenses

Le poids des dépenses publiques dans le PIB baisse car la croissance de ces dépenses (Etat, collectivités et Sécurité sociale) ralentit à +0,8% en volume en 2026, après +1,7% en 2025 et +2,1% en 2024.

La ministre de l'Action et des Comptes publics Amélie de Montchalin assure qu'"avec notre copie, l'Etat continue de faire des économies comme il n'en a pas fait depuis 25 ans", dans un entretien publié vendredi par Le Figaro.

"Concrètement, les opérateurs" de l'Etat, "qui investissent moins vite que prévu et accumulent de la trésorerie ne recevront pas d'argent frais cette année", soit environ 1,5 milliard d'euros de réduction des dépenses. 

"Les ministères verront aussi leur réserve réduite de 1,7 milliard d'euros" et "la politique des achats de l'Etat sera remaniée pour dégager un milliard d'économies", a-t-elle ajouté. 

Pas pour tout le monde

Les ministères régaliens (Armées, Éducation, Intérieur et Justice) et l'Agriculture échappent à ce tour de vis.

Le budget de l’Agriculture devrait s’établir autour de 6 milliards d’euros. Les enveloppes promises aux agriculteurs pour 2026 y figurent, comme le soutien à l’arrachage viticole à 130 millions d’euros, un fonds hydraulique à 60 millions, le doublement du fonds d'urgence contre la dermatose nodulaire à 22 millions, un soutien aux céréaliers de 40 millions etc.

"Face aux menaces extérieures", le Parlement a voté un "effort de plus de 6 milliards d'euros supplémentaires" pour les armées.

Taux de prélèvement en légère hausse

Le Premier ministre voulait ne pas augmenter la pression fiscale, mais le taux de prélèvement obligatoire est donc en légère hausse. 

Le projet de loi de finances "ne comporte aucune augmentation d'impôt pour les ménages". Le barème de l'impôt sur le revenu est indexé sur l'inflation et "les mécanismes de réduction d'impôts et abattement sont maintenus inchangés", selon le projet de budget.

Les impôts sur les entreprises sont "stables", au prix, pour les très grandes entreprises, d'une prolongation d'un an de la surtaxe sur leur impôt sur les sociétés, alors qu'ils avaient reçu la promesse du contraire.

À propos de ce maintien et de la création d'une taxe sur les holdings, Amélie de Montchalin assure que "99% des entreprises en France ne verront aucun changement fiscal en 2026, ni de hausse de charges sur le travail".

La surtaxe devrait rapporter cette année 7,3 milliards d'euros, pour financer "l'effort pour la défense".

La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), que le gouvernement promettait d'alléger de 1,3 milliard d'euros en 2026, est maintenue telle quelle, au grand dam du patronat. Elle doit rapporter 4 milliards d'euros.

Mesures spécifiques

Matignon avance plusieurs mesures qui montreraient "des priorités politiques claires".

Il invoque la hausse de la prime d'activité pour trois millions de ménages aux revenus modestes ("en moyenne de 50 euros par mois"), mesure qui coûtera quelque 700 millions d'euros en 2026, et la revalorisation de "l'ensemble des prestations sociales".

Le dispositif MaPrimeRenov', pour rénover les logements énergivores, est maintenu. Le Fonds vert, destiné aux projets de transition écologique des collectivités, "verra son budget augmenter de 200 millions d'euros".

Côté rabot, on trouve par exemple la réduction de 1,1 milliard d'euros des fonds alloués à France 2030, un programme d'investissement de 54 milliards d'euros en faveur des entreprises lancé en 2021 par Emmanuel Macron.

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