Féminisme : un combat dépassé ?

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Il y a un jour, au Festival de Sanremo, un journaliste demande au groupe féministe Bambole di Pezza si le féminisme n’est pas “un peu vieillot”, affirmant que nous ne vivons plus dans une société patriarcale. Or les chiffres montrent le contraire : les violences contre les femmes sont devenues une "urgence mondiale" et le chemin vers l’égalité reste long.
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Un bilan alarmant 

En 2024, selon une étude du ministère de l’intérieur, près de 50 000 femmes et filles ont été tuées dans le monde, majoritairement par des membres de leur famille.Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme , Volker Türk, a qualifié la violence contre les femmes d’“urgence mondiale”.

En France, en 2025, 85 % des victimes de violences sont des femmes. Pour les violences sexuelles, 95 % des mis en cause sont des hommes.

Plus de la moitié des violences physiques ont lieu dans le cadre familial. Les violences sexuelles surviennent majoritairement en dehors de ce cadre, et plus de la moitié des victimes sont mineures.

Ces chiffres ne suffisent pas à résumer la condition des femmes, mais ils illustrent une réalité persistante.

"Croit-on vraiment qu'il n'existe pas beaucoup d'autres hommes comme Dominique Pelicot ou Jeffrey Epstein?"

Certaines affaires ont récemment provoqué une onde de choc internationale, comme celle de Jeffrey Epstein ou celle de Dominique Pelicot. “Ces deux cas illustrent l’ampleur de l’exploitation et des abus commis sur les femmes et les filles”, a déclaré Volker Türk, avant de poser la question qui dérange : “Croit-on vraiment qu’il n’existe pas beaucoup d’autres hommes comme eux ?”

Un débat qui dépasse le mot

Le féminisme cristallise aujourd’hui des tensions culturelles et politiques. Il peut être perçu comme clivant, voire radical. Mais au-delà du terme lui-même, la question posée reste celle des violences, des inégalités et des rapports de pouvoir.

Parler d’un mouvement “dépassé” supposerait que les déséquilibres qu’il dénonce auraient disparu.

Au vu de ces chiffres, difficile de parler d’un combat dépassé.

Le débat ne porte donc peut-être pas tant sur l’existence du féminisme que sur la manière dont les sociétés choisissent ou non de répondre aux réalités qu’il met en lumière.

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