Minnesota: les autorités américaines se défendent après la détention d'un garçon de 5 ans

Crédit : Rachel James via REUTERS
Les autorités américaines tentent vendredi de calmer la vague d'indignation provoquée par la détention d'un garçon de cinq ans par la police de l'immigration (ICE) au Minnesota (nord), où des opposants prévoient de manifester en nombre contre les opérations antimigrants de ses agents.
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Deux versions s'opposent sur les circonstances qui ont mené à la détention du petit Liam Ramos, qu'une photo, largement reprise par les médias et les réseaux sociaux, montre apeuré, coiffé d'un bonnet bleu aux oreilles de lapin, portant un sac à dos tenu par une silhouette vêtue de noir.

"Nous ne visions pas l'enfant", a insisté l'un des dirigeants de la police de l'immigration, Marcos Charles, lors d'une conférence de presse vendredi.

Le vice-président américain JD Vance, en visite la veille dans la plus grande ville de l'Etat, Minneapolis, a affirmé que le garçonnet avait été pris en charge par ICE devant son domicile mardi après que son père, présenté comme un immigrant clandestin, eut pris la fuite pour ne pas être appréhendé.

Zena Stenvik, dirigeante du district scolaire fréquenté par l'enfant a, au contraire, allégué mercredi que le garçon avait été contraint de servir "d'appât" et de frapper à la porte de son domicile pour inciter les personnes s'y trouvant à sortir.

Autre élément de controverse, Marcos Charles dit que ses hommes ont "fait tout leur possible pour le réunir avec sa famille" mais que celle-ci a refusé de lui ouvrir. Zena Stenvik assure elle qu'"un autre adulte vivant dans la maison (...) a supplié les agents de le laisser s'occuper du jeune enfant, mais sa demande a été refusée".

"Mauvais traitements"

Les agents d'ICE "ont emmené (Liam Ramos) manger dans un restaurant et ont passé des heures à s'assurer qu'il ne manquait de rien", a ajouté Marcos Charles, précisant que le garçonnet et son père avaient été réunis dans un "centre résidentiel familial en attendant l'issue de leur procédure d'immigration", sans en donner le lieu. 

D'après les médias américains, ils seraient au Texas. "Mon équipe et moi-même faisons tout notre possible pour le localiser, vérifier qu'il est en sécurité et exiger sa libération", a dit un élu démocrate de cet Etat, Joaquin Castro, sur X jeudi.

L'avocat représentant l'enfant et son père, Marc Prokosch, a assuré que la famille, qui compte aussi la mère et un frère aîné, avait "fait ce qu'on lui avait demandé de faire (...) à chaque étape du processus d'immigration".

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU s'est dit "sidéré par les mauvais traitements désormais quotidiens" envers les migrants, pressant Washington de "cesser les pratiques qui déchirent les familles".

Cet incident aggrave une situation déja tendue par la mort de Renee Good, une Américaine de 37 ans tuée par un agent d'ICE le 7 janvier lors de ces opérations anti-immigration.

Les élus démocrates locaux et de nombreux résidents de l'Etat, qui participent à une grande journée de mobilisation vendredi, contestent la thèse officielle selon laquelle le policier, qui n'a pas été suspendu, était en état de légitime défense.

Commerces fermés

Les médias du Minnesota anticipaient la fermeture toute la journée de "centaines" de commerces, restaurants et institutions culturelles pour protester contre les opérations menées par ICE dans l'Etat.

Une marche est prévue en début d'après-midi dans le centre-ville de Minneapolis, avant un rassemblement dans la salle accueillant les matches de l'équipe de NBA, qui peut accueillir jusqu'à 20.000 personnes.

La ministre de la Sécurité Intérieure Kristi Noem a déclaré cette semaine que "plus de 10.000 étrangers en situation irrégulière" et accusés de crimes avaient été arrêtés au Minnesota, dont 3.000 au cours des six dernières semaines.

Parmi eux figurent au moins quatre enfants, selon le district scolaire de Liam Ramos. Des mineurs sont de longue date confrontés aux services fédéraux de l'immigration, tant sous des gouvernements républicains que démocrates.

Le Minnesota, dont de nombreuses zones sont des "sanctuaires" limitant la coopération entre les forces de l'ordre locales et ICE, a demandé à la justice la suspension de l'opération à l'intérieur de ses frontières. Une audience est prévue lundi.

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