La France ne peut que "se satisfaire" de la mort de Khamenei en Iran, estime Maud Bregeon

Reuters
"Le mollah Khamenei était un dictateur sanguinaire", a estimé la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, après la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors des bombardements américains et israéliens. La France se tient par ailleurs prête à évacuer ses ressortissants qui se trouvent au Proche-Orient "quand la situation le permettra", a ajouté Maud Bregeon.
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La France ne peut que "se satisfaire" de la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, lors des bombardements américains et israéliens sur l'Iran car il était "un dictateur sanguinaire", a estimé dimanche la porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon.

"Le mollah Khamenei était un dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités, et il est encore récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région. On ne peut donc que se satisfaire de sa disparition", a-t-elle déclaré au Grand Jury RTL/M6/Le Figaro/Public Sénat.

Annoncée samedi par le président américain, Donald Trump, la mort du guide suprême, à la tête de la République islamique depuis 36 ans, a été confirmée tôt dimanche matin par la télévision d'Etat iranienne, les Gardiens de la révolution, armée idéologique de la République islamique, promettant "un châtiment sévère" aux responsables.

Maud Bregeon a rappelé les réserves de Paris sur le déclenchement des opérations militaires d'Israël et des Etats-Unis contre le pouvoir de la République islamique, notamment sur le plan juridique, et souligné les incertitudes qu'elles entraînent.

"Encore une fois, de toute évidence, ce n'était pas encadré par le droit international. Maintenant, ce qui compte, c'est le jour d'après", a-t-elle souligné.

Emmanuel Macron, qui avait souligné samedi les risques de l'opération américano-israélienne et souhaité que la diplomatie reprenne rapidement ses droits, a convoqué dimanche à 19h00 un conseil de défense, le deuxième en deux jours, avec les principaux ministres concernés par les questions de sécurité.

Selon Maud Bregeon, le gouvernement français est disposé à organiser, lorsque ce sera possible, l'évacuation de Français qui souhaiteraient quitter la région du Proche-Orient.

"Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra", a-t-elle indiqué.

La porte-parole du gouvernement n'a pas fermé la porte à la demande formulée par le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui souhaite que le président Emmanuel Macron réunisse les chefs des partis politiques pour "un point complet sur les enjeux sécuritaires, géopolitiques, économiques et énergétiques".

"Je note que le président de la République, quand nous avons connu des crises internationales majeures, je pense évidemment à la guerre en Ukraine, a toujours tenu informées les forces politiques", a dit Maud Bregeon.

Dans la classe politique, la réaction la plus virulente à la mort d'Ali Khamenei est venue de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon dénonçant "la négation de tout droit international" tout en qualifiant l'ancien guide suprême de "bourreau du peuple iranien".

Pour le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, "nous ne pleurerons pas celui qui, sans trembler, a fait tirer sur la courageuse jeunesse iranienne pour conserver son pouvoir".

"La question est désormais simple et vertigineuse : qui va le remplacer? Que feront les sanguinaires Gardiens de la révolution? Résisteront-ils au prix d'une guerre civile à ce peuple qui crie 'femme, vie liberté'"?, s'est-il interrogé.

L'ex-Premier ministre macroniste, Gabriel Attal, s'est lui félicité que Ali Khamenei ait été "mis hors d'état de nuire" après "plus de 40 ans d'une chape de plomb sur tout un peuple". 

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