La présidente du groupe RN, Marine Le Pen, avait appelé les députés hostiles à cette Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) à déposer une motion de censure, annonçant que le RN le ferait sinon.
Les députés RN ont déposé leur motion de censure lundi, a annoncé une source au sein du groupe à l'AFP.
"Un acte illibéral contre le Parlement"
Le parti proteste "sur la forme", contre "un acte illibéral contre le Parlement", et sur le fond contre "une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques".
Il estime que le gouvernement aurait dû passer par la loi, en vertu du code de l'énergie, et pointe un "choix irrationnel" des énergies intermittentes dicté par la Commission européenne.
La motion de censure sera examinée au plus tôt mercredi, en raison d'un délai obligatoire de 48 heures entre le dépôt et l'examen. Elle n'a guère de chance d'être adoptée, alors que jusqu'ici les motions de censure du RN n'ont jamais été votées par la gauche.
Dans la foulée, c'est la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, qui a annoncé que ses troupes déposaient leur propre motion de censure.
"Le groupe parlementaire insoumis dépose une motion de censure contre le gouvernement et propose aux députés issus du NFP de la cosigner. Il est inacceptable que de telles décisions qui engagent notre pays pour des décennies soient prises par décret, sans débat ni vote de l'Assemblée", a écrit Mme Panot sur X.
Pour être adoptée, cette motion de censure devrait être votée par toute la gauche et le Rassemblement national.
Il apparaît pour l'heure peu probable que le Parti socialiste, qui a refusé de voter les précédentes motions de censure contre le Premier ministre, Sébastien Lecornu, vote celle-ci.
Le gouvernement a dévoilé le 12 février sa nouvelle stratégie politique énergétique, après trois ans d'intenses débats et d'innombrables reports. Mettant l'accent sur la relance de la consommation d'une électricité décarbonée, notamment d'origine nucléaire, en remplacement des énergies fossiles coûteuses à importer, la feuille de route du gouvernement a aussi acté un moindre déploiement de l'éolien terrestre et du solaire.
La droite sénatoriale a elle aussi protesté vivement contre le choix du gouvernement de passer par décret. Un débat sur le sujet est prévu lundi après-midi au Sénat, à la demande du président de la chambre haute, Gérard Larcher.








