Rima Hassan porte plainte après les fuites dans la presse lors de sa garde à vue

Reuters
L'eurodéputée LFI Rima Hassan a porté plainte après des fuites pendant son placement en garde à vue début avril, dénonçant une violation du secret de l'enquête et visant notamment le porte-parole du ministère de la Justice, a-t-on appris mercredi auprès de son avocat.
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La plainte s'appuie notamment sur un article du Canard Enchaîné mercredi, affirmant que ce porte-parole, Sacha Straub-Kahn, a échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition de Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue.

Me Vincent Brengarth, l'avocat de l'élue franco-palestinienne, explique également dans un communiqué avoir "écrit au ministre de l'Intérieur et au ministre de la Justice pour demander l'ouverture d'enquêtes administratives".

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé de son côté à l'Assemblée nationale avoir saisi l'Inspection générale de la Justice sur ces fuites, répondant à une question du député LFI Thomas Portes.

Dénonçant des "allégations mensongères du Canard enchaîné", M. Straub-Kahn a déclaré sur X avoir déposé plainte lui aussi pour diffamation ainsi que pour des "injures antisémites inacceptables" dont il serait depuis la cible.

"Mon rôle est de porter la voix du ministère de la Justice et faire preuve de pédagogie (...) pour faire comprendre notre action (...) aux journalistes qui le souhaitent. Ces échanges sont réguliers, concernent des sujets très variés et n'abordent jamais le fond des dossiers", a-t-il affirmé.

Rima Hassan avait été convoquée et placée en garde à vue jeudi 2 avril. A son issue, le parquet avait indiqué qu'elle serait jugée pour apologie du terrorisme, pour l'un de ses posts sur X.

La presse avait évoqué, de source proche du dossier, la découverte de "quelques grammes" d'une drogue de synthèse dans le sac de l'élue de 33 ans.

Cette information n'a pas été corroborée par le parquet à l'issue de la garde à vue, indiquant qu'il fallait attendre les résultats "d'analyses complémentaires" du produit pour se prononcer.

Rima Hassan a "indiqué spontanément avoir acheté légalement du CBD dans un magasin qu'elle a désigné et ignorer qu'un produit d'une autre nature pouvait lui avoir été fourni à cette occasion", a précisé le ministère public.

"D'après les premières analyses effectuées par les services de police, la résine contiendrait des traces d'une drogue de synthèse. Toutefois, les analyses urinaires n'ont pas révélé la présence d'une telle drogue dans l’organisme de Madame Rima Hassan", a souligné son avocat dans le communiqué.

Ce CBD a été acheté dans un magasin de Bruxelles, achat dont Rima Hassan a pu produire le justificatif, a-t-il ajouté. Elle "conteste fermement avoir acheté une quelconque drogue de synthèse. Sa seule intention était d'acheter légalement des produits dérivés de CBD, cette substance étant autorisée à la vente et à la consommation", a-t-il poursuivi.

Vendredi, le parquet de Paris avait déjà annoncé l'ouverture d'une enquête pour violation du secret de l'enquête, "au regard de la temporalité et du degré de précisions des informations qui ont été publiées dans les médias au cours même de la garde à vue et avant toute communication légale".

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