L'enquête sur la blessure d'Alexandre Frey, l'une des 23 personnes éborgnées par les forces de l'ordre lors du mouvement de l'hiver 2018-2019, s'était soldée le 4 juillet 2025 par un non-lieu, la juge d'instruction Katia Dubreuil expliquant que "les investigations (n'avaient) pas permis d'identifier l'auteur du tir".
Le 17 février dernier, la cour d'appel de Paris a estimé que l'enquête ne pouvait "être considérée comme complète", et a ordonné à la juge d'instruction parisienne de reprendre l'information judiciaire, dans une décision consultée par l'AFP.
Alexandre Frey avait été touché par un tir de lanceur de balle de défense (LBD) le 8 décembre 2018, alors qu'il participait à l'une des journées de manifestations les plus tendues de cette crise sociale, et avait perdu l'usage de son œil droit.
Il avait porté plainte, et obtenu six mois plus tard l'ouverture d'une information judiciaire pour violence par une personne dépositaire de l'autorité publique, suivie de mutilation ou d'infirmité permanente.
Des "des indices graves et concordants" ?
Confiée à l'IGPN, l'enquête n'est jamais parvenue à identifier l'auteur du tir dans le chaos de ce jour, avec pavés descellés, barricades en feu et vitrines brisées.
Mais pour la cour d'appel, toutes les pistes n'ont pas été explorées, notamment celle d'une fiche attestant de l'usage d'un LBD, remplie près de deux mois après les faits par un gardien de la paix.
Combiné à un témoignage sur les lieux, compatible en partie avec le déroulé des faits, ces éléments qui concordent au niveau du lieu et de l'heure, "sont susceptibles de constituer des indices graves et concordants à l'encontre (du policier) rendant vraisemblable qu'il soit auteur du tir" ayant blessé Alexandre Frey, ajoute la cour.
"Nous allons maintenant nous battre pour faire reconnaître la responsabilité du tireur, mais aussi de sa hiérarchie, qui avait appelé ce jour-là à impacter un maximum de monde", a réagi auprès de l'AFP Me Yassine Bouzrou.







