"Le projet criminel est digne d'un scénario de film"
"Le projet criminel est digne d'un scénario de film" et "la volonté de tuer transpire dans les déclarations des accusées et dans le mode opératoire", a fait valoir l'avocate générale, Sarah Huet. Elle a également requis une obligation de soins et l'interdiction d'entrer en contact avec la victime.
Le premier empoisonnement remonte à 2021. Amélie D., la fille, a reconnu avoir servi à son compagnon, Enrique B., une tasse de café dans laquelle elle avait dilué 30 cachets d'alprazolam. Carole D., la mère, a avoué avoir broyé les comprimés.
Il "croit mourir" ce jour-là
Vient ensuite l'aconit, une plante toxique, saupoudrée sur un plat de chili con carne. Enrique B. se rappelle avoir eu des "fourmis dans la bouche" et des frissons dès les premières bouchées. Il "croit mourir" ce jour-là.
Il y aura aussi le ricin, glissé dans un paquet de tabac et dans un sachet d'olives, qu'Enrique B. n'a finalement pas consommé.
Amélie D. et Enrique B. s'étaient rencontrés à la fin des années 2010. Alors que la relation se dégrade, tous les deux disent avoir subi des violences conjugales.
"Je reconnais les faits", a déclaré à l'ouverture du procès Amélie D., 37 ans. Elle a nié lors de l'enquête avoir voulu le tuer.
"Inspirée de plusieurs séries télévisées"
Aux enquêteurs, elle avait expliqué s'être inspirée de plusieurs séries télévisées: l'aconit, elle l'a vue dans un épisode de "You", le ricin dans une scène de "Breaking Bad".
Amélie D. comparait également pour tentative de meurtre, soupçonnée d'avoir saboté les freins de la voiture d'Enrique B.
Mère et fille ont avoué trois empoisonnements: les cachets, l'aconit et le ricin. Aux enquêteurs, Amélie D. dit avoir pensé à l'antigel, connu d'un fait divers américain et testé sur son chien. La mort-aux-rats est aussi évoquée, finalement abandonnée.
Selon la victime, Amélie D. avait l'intention de "récupérer" leur maison achetée près de La Roche-sur-Yon. "Ca a pu apparaître dans mon esprit, mais ce n'était pas le motif principal", a-t-elle affirmé aux enquêteurs.
Face à la cour, Carole D., 62 ans, a également reconnu les faits. Caissière dans un supermarché, elle vivait au moment des faits dans une annexe de la maison du couple. Lors de l'enquête, elle a expliqué avoir agi pour aider sa fille, pour que celle-ci soit "tranquille".






