"Je suis sûre à 95 % de voter LFI”
Alors que la droite s’unit derrière Rachida Dati, la gauche, elle, reste fragmentée. Emmanuel Grégoire, candidat soutenu par le Parti socialiste, refuse un accord avec Sophia Chikirou, candidate de La France insoumise. Cette dernière proposait une fusion technique des listes, mais le candidat socialiste a refusé, lui demandant de se désister. Faute d’alliance, les électeurs se retrouvent face à un choix difficile.
“Dimanche, ce n’est pas le vote de la peur et de la culpabilité qui doit primer. Ça fait des années qu’on fait des votes ‘utiles’, et pour quoi ? Qu’est-ce que ça change pour nous ? Je suis sûre à 95 % de voter LFI”, confie Lola, 22 ans.
Un choix assumé, mais qui illustre un dilemme plus large : celui d’une gauche tiraillée entre vote stratégique et vote de conviction.
Un dilemme très concret chez les électeurs
Pour certains électeurs de gauche, il n’est plus question de compromis. Le programme politique de Grégoire, jugé trop éloigné de leurs idées, rend le vote stratégique difficile à accepter.
“La stratégie du Parti socialiste, c’est de faire culpabiliser les électeurs de gauche. Ceux qui ne voteront pas pour lui seraient responsables de l’extrême droite ? Non. Les seuls responsables ce sont eux”, estime Lola.
Derrière ce discours, une logique : voter, c’est aussi rester fidèle à ses convictions, quitte à prendre un risque électoral.
Le risque du “vote de conviction”
Car dans un scrutin serré, la division peut avoir des conséquences concrètes. En refusant de s’unir, la gauche pourrait laisser le champ libre à la droite.
“On peut être en désaccord sur beaucoup de choses avec le PS, mais on ne peut pas accepter que Rachida Dati prenne la mairie. Voter pour Sophia Chikirou, c’est prendre le risque de faire perdre Emmanuel Grégoire”, affirme Matthias, 22 ans.
Pour lui, le choix est clair : il faut être “stratégique”.
“Aujourd’hui, la personne qui est capable de gagner, c’est Emmanuel Grégoire. Il faut faire un choix stratégique.”
Vote utile vs vote de conviction : une tension classique
Ce dilemme n’est pas nouveau. À chaque élection, certains électeurs privilégient la cohérence avec leurs idées, tandis que d’autres choisissent le candidat le plus susceptible de l’emporter.
Mais cette tension semble particulièrement visible à gauche aujourd’hui, où les divisions entre partis rendent les alliances plus difficiles. Les électeurs doivent eux-mêmes arbitrer entre conviction et stratégie.
“Il faut accepter que parfois la politique prend du temps”, ajoute Matthias.
Une fracture qui dépasse Paris
Cette situation dépasse largement le cadre parisien et reflète les tensions actuelles de la gauche française.
À Paris, comme ailleurs, la gauche se retrouve face à un choix difficile : s’unir au risque de “se renier”, ou “rester fidèle à ses convictions” au risque de perdre.
Et pour certains électeurs, la réponse est claire.
“Rachida Dati ou Emmanuel Grégoire, c’est la même chose. Soit la continuité du macronisme, soit la continuité d’Hidalgo”, conclut Lola.






