Trois d'entre eux ont aussi porté plainte à Tarbes (Hautes-Pyrénées), pour des tags découverts ce weekend à Bagnères-de-Bigorre.
A Paris, la missive avait été reçue le 26 mars, adressée au groupe parlementaire et dans laquelle les élus sont nommés, selon la plainte déposée jeudi pour injures publiques à caractère raciste et consultée par l'AFP.
"LFI ? Y'en a bon pou' nous Bwana"
La lettre incriminée comporte des cases détournées de "Tintin au Congo", assorties notamment des légendes suivantes "LFI ? Y'en a bon pou' nous Bwana", "Nadège Abomangoli / Carlos Martens Bilongo /Aly Diouara / Danièle Obono échappée du Zoo de Beauval".
"animalisation et de déshumanisation"
Leur avocate, Me Chirinne Ardakani, a dénoncé dans un communiqué adressé à l'AFP un "recours systématique au procédé d'animalisation et de déshumanisation", qui suggère "une prétendue supériorité du groupe social de personnes blanches sur les personnes noires", "déniant" ainsi aux élus "leur appartenance à la communauté nationale".
"Ce déchainement quotidien de haine raciste" à l'encontre d'élus a atteint "son paroxysme depuis plusieurs semaines à la faveur des élections municipales", estime Me Ardakani.
Danièle Obono, Carlos Martens Bilongo et Bally Bagayoko, ont aussi porté plainte après la découverte sur un mur de la commune de Bagnères-de-Bigorre d'une inscription "Bagayoko Obono Bilongo Hassan : Remigration".
"Un tag constitutif pour Me Ardakani d'"injures publiques aggravées à caractère raciste"
Un tag constitutif pour Me Ardakani d'"injures publiques aggravées à caractère raciste" reposant notamment sur des "origines ethniques déterminées ou supposées", "des origines africaines des plaignant-es" ou encore "de leur couleur de peau noire".
La mairie de Bagnères-de-Bigorre a porté plainte dès la découverte de ces tags, relevés alors que plusieurs milliers de personnes étaient rassemblées contre le racisme samedi à Saint-Denis, à l'appel de Bally Bagayoko.
Carlos Martens Bilongo avait aussi déjà porté plainte en janvier à Paris, après avoir reçu des lettres anonymes de menaces de mort racistes.
"Dans la majorité des cas, les infractions interviennent aux termes d’un harcèlement massif", amplifié par des "influenceurs identitaires", des "personnalités politiques classées à l’extrême droite", ainsi que par "nombre de chaines d’information en continu", a accusé Me Ardakani.
Face au classement sans suite de "nombre des plaintes déposées" et à l'absence "de réaction significative de la part des autorités", Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli, Aly Diouara et Bally Bagayoko ont indiqué saisir vendredi la Rapporteuse spéciale de l'ONU pour alerter "sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance".






