Comment la Nouvelle-Calédonie tente de sauver sa flore endémique

C’est l’histoire d’une île qui cherche à sauver ses plantes menacées… Brut nature a suivi le WWF Antenne Nouvelle-Calédonie à travers les forêts et maquis de l'archipel. Voici comment ils œuvrent pour protéger cette flore exceptionnelle.

Nouvelle-Calédonie : comment sauver la flore endémique ?

En Nouvelle-Calédonie, de nombreuses espèces végétales sont menacées. Pour les sauver de l’extinction, les ONG les surveillent de près et sensibilisent les habitants.

« Il y a 80 % des espèces qui sont endémiques. » En Nouvelle-Calédonie, les défenseurs de la nature tentent de sauver des plantes menacées. Sur ce territoire, plusieurs centaines d’espèces sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles n’existent qu’en Nouvelle-Calédonie. Si ces espèces disparaissent, alors elles disparaissent de la planète entière.

Des risques multiples

Parmi les espèces menacées, il y a le tristaniopsis polyandra. « Les individus de cette espèce, il en reste encore 500. On pourrait croire que 500, c’est beaucoup, mais en fait, à partir du moment où l’on commence à compter les pieds d’une espèce, c’est qu’il y a un problème », développe Emma Do Khac, coordinatrice du programme forêts du WWF Nouvelle-Calédonie.

« Quand je suis revenu ici après l’incendie, c’était un spectacle de désolation. C’est-à-dire que là, vous voyez du vert. Majoritairement, il n’y en avait plus, c’était un paysage noir », témoigne Hubert Géraux, responsable du WWF Nouvelle-Calédonie. Il raconte que le feu avait brûlé presque toute la végétation, soit 9 plantes sur 10, dans la zone où il se trouve. Il décrit un « cimetière de forêt ». Les menaces qui pèsent sur les espèces endémiques sont les incendies, l’exploitation minière et les invasions biologiques, animales et végétales.

Néanmoins, la nature réserve parfois de belles surprises. En pleine excursion, les représentants du WWF et une famille bénévole ont découvert que des plants avaient repoussé. « On a 500 qui ont possiblement repris. Cinq plants pour la planète, pour cette espèce. L’émotion est énorme. C’est un beau jour, c’est un jour d’espoir, mais aussi de responsabilités », s’émeut Hubert Géraux.

Sensibiliser les plus jeunes

Afin que la préservation de la flore soit l’affaire de tous, Emma Do Khac se rend dans les établissements scolaires pour sensibiliser les plus jeunes. Elle leur explique notamment ce que signifie le terme « endémique » : « Le fait ce que ce soit une île, et qu’il y a très peu d’échanges, il y a énormément d’espèces qui se sont développées sur l’île et qui n’existent vraiment que sur cette île. » La coordinatrice du programme forêt du WWF présente aussi aux élèves différentes espèces de plantes.

« Je voulais vous présenter des espèces qui sont micro-endémiques de Païta. Elles ont toutes des noms pas possibles. L’ochrosia inventorum, il n’en reste plus qu’à la pointe Maa. Celui-là, on va avoir du mal à le nommer, parce que même les scientifiques ne lui ont pas encore donné de nom. Ils n’ont pas encore réussi à bien identifier ce que c’était comme espèce. C’est un petit arbuste qui, quand il est jeune, a des feuilles en forme de cœur. Donc c’est super joli, ça va super bien dans les jardins. »

Emma Do Khac et le WWF espèrent que les jeunes, une fois sensibilisés, veilleront à la protection de ces espèces. Selon elle, si chacun prend une ou plusieurs espèces sous son aile, elles peuvent être sauvées de l’extinction. Des projets de pépinières sont aussi en cours. Au moins 48 espèces sont menacées d’extinction en Nouvelle-Calédonie.

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Brut.
7 novembre 2020 07:20