Cash Investigation : le quotidien du personnel de nettoyage hospitalier

Formation express, manque d'équipement, rythmes de travail difficiles... La journaliste Marie Maurice s'est fait embaucher comme agent de propreté à l'hôpital de Valenciennes quelques mois avant le Covid-19. Un reportage à suivre ce jeudi 10 décembre dans CASH Investigation sur France 2.

Le quotidien du personnel de nettoyage hospitalier

En plein Covid-19, les équipes de Cash Investigation ont enquêté sur le quotidien du personnel de nettoyage hospitalier. De nombreuses failles ont été constatées.

L’entreprise ONET est leader français du nettoyage. Les équipes de Cash Investigation ont infiltré une formation en bionettoyage dispensée par la société. En temps normal, cette formation dure 14 heures. Mais cette fois, elle a duré sept heures « parce qu’on est un peu dans l’urgence » s’est justifiée la formatrice.

Le bionettoyage est primordial

Le bionettoyage est une désinfection indispensable dans les hôpitaux. Elle sert à éliminer les micro-organismes et éviter les maladies nosocomiales. « 5 % des patients hospitalisés sont porteurs d’une infection nosocomiale, c’est 1 patient sur 20 », explique Pierre Parneix, médecin de santé publique et d'hygiène hospitalière au CHU de Bordeaux.

Il poursuit : « Si je viens après un patient qui a eu des bactéries particulières, j’ai deux à trois fois plus de risques de contracter la bactérie que si le patient précédent ne l’avait pas. Le nettoyage est complexe et s’il n’est pas bien fait, il y a un risque pour le patient. »

Les employés d’ONET fatigués

Les hôpitaux publics passent de plus en plus par des entreprises privées pour le bionettoyage quotidien des chambres. L’objectif : faire des économies. Pour Cash Investigation, la journaliste Marie Maurice s’est fait embaucher par ONET comme agente de propreté à l’hôpital de Valenciennes, quelques mois avant la crise du Covid-19.

La formation express, le manque d’équipement et le rythme de travail difficile à tenir sont les problématiques qu’elle a rencontrées. Par ailleurs, au vu du contexte actuel, de nombreux salariés confient ne pas pouvoir respecter le protocole sanitaire. « C’est ONET. C’est du rendement, c’est tout », affirme une employée.

L’entreprise ONET est présente dans une quinzaine d’autres grands hôpitaux publics. Son chiffre d’affaires est de 2 milliards d’euros par an. Depuis 2018, les employés d’ONET à l’hôpital de Valenciennes ont organisé six grèves pour dénoncer leurs conditions de travail.

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Brut.